Code ISBN / EAN : 9782213610696 / hachette : 3512696
Format (153 x 235)
Nombre de pages : 1296
Histoire de la musique à travers celle dun de ses genres instrumentaux les plus prestigieux, ce deuxième volume de lHistoire du quatuor à cordes étudie lévolution de son langage et de ses sonorités, de ses formes et de son esthétique à partir du moment où, sous limpulsion de courants nationaux, certains compositeurs cherchent à saffranchir du modèle viennois qui avait dominé le quatuor depuis sa fondation par Haydn.
Commencé en Tchécoslovaquie avec Smetana et Dvorák le mouvement des écoles nationales imprègne fortement la production de quatuors russes (Borodine, Tchaïkovski) et scandinaves (Sibelius). En revanche dans une France à lécart de ce courant et jusquici assez peu ouverte à la musique de chambre, Franck qui embrasse lidéal beethovénien entraîne dans le sillage de sa conception cyclique toute une école française de quatuors ; Debussy et Ravel sen émanciperont en en allégeant le cadre et en léclairant de sonorités neuves.
Mais cest de Vienne encore que viendra le véritable renouveau avec cette langue nouvelle dont Schoenberg pose les premières bases, bientôt suivi par Berg et Webern. Témoin lucide et angoissé de son siècle blessé, Bartok réalise une synthèse admirable de la modernité beethovénienne et de celle de son temps en intégrant à ces styles savants un style populaire transcendé en «folklore imaginaire». Autre phare de la modernité de cette première moitié de xxe siècle, Janácek invente lui aussi, mêlant musique de la langue et musique de la vie. Ces compositeurs ont en commun davoir fait de leurs quatuors des chefs-d?uvre "expressionnistes" dans leur tension entre une subjectivité exacerbée et une discipline formelle exigeante.
A côté de ces ?uvres qui dominent leur époque, la littérature pour quatuor de ce premier demi-siècle foisonne de partitions admirables par leur invention ou la qualité de leur facture, leur force expressive ou tout simplement leur charme. Dans la mouvance dun expressionnisme anti-romantique, certains compositeurs (Hartmann, Honegger) disent la douleur du monde, dautres séchappent dans un impressionnisme hédoniste, dautres (Hindemith ou Milhaud) découvrent les effets roboratifs du néo-classicisme, dautres enfin expérimentent des possibilités techniques nouvelles comme Charles Ives avec la polyrythmie ou Darius Milhaud avec la polytonalité. Ce répertoire de qualité, aussi abondant que divers, reste trop souvent méconnu ; cette histoire nous le fait découvrir.